dimanche 17 avril 2016


Club lecture du 8 avril


HIZYA - MAÏSSA BEY

Résumé :

"Hizya est une jeune femme comme les autres, tellement comme les autres ! Ce qui se confirme – si besoin en était – à l’écoute des confidences entendues dans le salon de coiffure où elle a finalement trouvé du travail, malgré son diplôme d’interprète de la fac d’Alger. Toujours chez ses parents, sous l’œil attentif de ses frères, elle rêve à une vie de liberté et à un grand amour… comme au cinéma !

Notre avis :
Ce livre a été difficile à emprunter (indisponibilité) et cet avis reflète partiellement l'opinion du club de lecture.
Nous avons aimé l'articulation de l'histoire autour de l'héroïne Hizya, élégie d'un poète du onzième siècle.
Comme son homonyme, la Hizya du vingtième siècle espère trouver l'amour idéal.
Nous avons aimé la petite voix qui vient de la raison de Hizya et la fait revenir à la dure réalité.
En effet au vingtième siècle, il est dur de vivre dans une société algérienne sans espoir d'avenir, aussi bien pour les jeunes femmes qui pourtant font des études que pour les jeunes hommes.
Nous avons aimé le cheminement de cette jeune fille qui devient femme.
Nous nous sommes posé la question du poids de la tradition perpétuée par les mères, sans doute le seul pouvoir qui leur reste.
Qualité d'écriture


                    
Intérêt de l'histoire




LA TERRE QUI PENCHE
Carole Martinez

 Résumé :

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort ! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.


Notre avis :

On entre dans cette histoire à petits pas.
Les avis sont partagés, il y a les inconditionnelles de Carole Martinez qui se sont laissées porter par l'histoire, la magie de cet univers bien particulier, le vrai don de conteuse de l'auteure.
Il y a les autres un peu lasses de ce monde avec l'impression d'être prise encore et encore dans le même roman et qui aimeraient sortir de cette ambiance.
Ce qui nous réunit c'est l'écriture toute en finesse, une plume enchantée et enchanteresse.
Toute cette poésie n'occulte pas les conditions de vie difficiles des femmes de cette époque. 
Qualité d'écriture et intérêt de l'histoire

 

LE BAISER DANS LA NUQUE - HUGO BORIS


Résumé :

Bientôt Fanny sera sourde. Bientôt elle n'entendra plus les pleurs des enfants qu'elle aide à mettre au monde. Pourtant, avant que le silence ne se referme sur sa vie, la jeune femme décide de prendre des cours de piano. Louis devient son professeur, elle l'a croisé à la maternité. Un homme solitaire
et secret, doux et blessé. Au fil des leçons, une complicité pudique s'installe entre eux. Peu de mots, quelques gestes,
des regards, et puis la musique. Pour affronter et surmonter
la maladie qui progresse, mais aussi, surtout, pour se soutenir mutuellement.

Notre avis :

Cet auteur nous a été conseillé par Valentine Goby que nous avions reçue en 2015.

La relation entre les deux personnages est bien amenée, il y a beaucoup de sensualité dans ce texte.
C'est une parenthèse dans la vie de cette femme. L’attirance entre Louis et Fanny est un apprivoisement entre deux personnes et aussi deux mondes celui de la musique et celui de la naissance.
Il y a un peu d'irréel dans cette histoire et nous sommes ramenés « sur terre » par la réalité des accouchements.
Nous sommes touchées par la délicatesse des sentiments décrits, ainsi que par la finesse des descriptions des naissances.
Il y a un petit jeu d'écriture sur les prénoms cités en fin de roman ; pour en profiter empruntez le livre en format poche.

Qualité d'écriture

Intérêt de l'histoire


 
LE DERNIER GARDIEN D'ELLIS ISLAND 
GAËLLE JOSSE

Résumé :

New York, 3 novembre 1954. Dans cinq jours, le centre d'Ellis Island, passage obligé depuis 1892 pour les immigrants venus d'Europe, va fermer. John Mitchell, son directeur, officier du Bureau fédéral de l'immigration, resté seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un étrange passé.
Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'événements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
A travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse d'un homme face à
ses choix les plus terribles.

Notre avis :

C'est un livre facile à lire, un sujet difficile abordé avec sensibilité.
Les hommes de cette époque sont traités comme du bétail et cependant moins bestialement qu'aujourd'hui, au moins ils ne subissaient pas, en plus des difficultés à entrer dans un pays, tout le commerce des passeurs.
Cette histoire, inspirée de la réalité de Ellis Island entre 1882 et 1954, nous a ramenés aux difficultés actuelles de tous ces réfugiés qui frappent aux portes de l’Europe et qui sont traités sans aucune humanité.
Pour l'ensemble des lectrices c'est ce qui domine dans le livre plus que l'histoire personnelle du dernier gardien.

Qualité d'écriture et intérêt de l'histoire

 
 
Le POIDS DU PAPILLON - Erri De Luca


Résumé :

Quelque part dans les Alpes italiennes, un chamois
domine sa harde depuis des années. D'une taille et d'une puissance exceptionnelles, l'animal pressent pourtant que sa dernière saison en tant que roi est arrivée. En face de lui, un braconnier revenu vivre en haute montagne, ses espoirs en la Révolution déçus, sait lui aussi que le temps joue contre lui. Sa dernière ambition de chasseur sera d'abattre le seul animal qui lui ait toujours échappé. Et puis, face à ses deux forces, il y a la délicatesse tragique d'une paire d'ailes, cette "plume ajoutée au poids des ans".

Notre avis

Nous sommes toutes d'accord pour dire que ce petit livre est un grand poème.
Petit par le nombre de ses pages, mais grand par sa portée.
Nous avons aimé le parallèle de ces deux vies, celle du chamois et celle du chasseur (qui ont un « poids »aussi important dans le monde), la sagesse de l'animal nous est apparue bien supérieure à celle de l'homme. C'est à la fois un duel et un duo.

Certaines d'entre nous ont vu dans le papillon toute la grâce de la vie du chamois.

Quand à l'écriture, elle est d'une formidable beauté et nous transporte dans la montagne, nous permet de sentir et ressentir cette vie sauvage et simple.


Qualité d'écriture et intérêt de l'histoire


Prochaine sélection du club de juillet: littérature anglaise


Victoria et les Staveney de Doris Lessing

La couleur de l'eau de Kerry Hudson 

La reine des lectrices de Alan Bennett 

Dans les coulisses du musée de Kate Atkinson 

Northanger Abbey de Jane Austen 

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